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S’il est le chef de la bande, c’est aussi un éternel homme de main, un exécuteur de basses oeuvres qui doit solliciter des ordres avant de commettre ses vilénies. C’est pour Omar Ben Salaad qu’il se livre à la contrebande d’opium dans des boîtes de faux crabe.
C’est pour Rastapopoulos, alias le marquis di Gorgonzola, qu’il trafique de la drogue de la mer Rouge vers les Indes (dans Les Cigares du Pharaon) puis des esclaves dans le golfe arabique (dans Coke en stock). Pour le même, il dirige dans Vol 714 pour Sydney une tripotée de gros bras qui prennent le contrôle d’une petite île de la mer des Célèbes pour mieux détourner le jet et les milliards de Laszlo Carreidas.



Sir Basil Zaharoff d'origine grecque fit preuve d'un tel sens des affaires qu'il sut se rendre indispensable aux dirigeants des grandes puissances. Il vendait des armes à n'importe quel camp, soutenu dans ses démarches par des politiciens et des puissances bancaires à sa dévotion. Dans Le Crapouillot, il est cité parmi les puissants de ce monde. Celui-ci devient dans L'Oreille cassée Basil Bazaroff, marchand d'armes également.
Bazaroff agit via la Vicking Arms Co. Ltd et vend sa camelote guerrière au San Théodoros et Nuevo Rico et par l’intermédiaire de son complice R.W. Chicklet tente d’ériger ces deux pays l’un contre l’autre à propos de la région Gran Chapo riche en pétrole. Le préfixe choisi par Hergé pour créer le nom à consonance russe en dit long sur le regard qu’il porte sur ce type de marchand.





Calys affiche un prénom désuet, qui annonce d’emblée, comme un blason, ce décalage permanent avec la réalité. Il le prêtera bientôt à l’exubérant Bergamotte... Calys, « caliche » en bruxellois, signifie « réglisse », un comble pour un homme qui aime les caramels mous, mais surtout qui en propose de manière abrupte au milieu d’une conversation sur la fin du monde, ce qui ne manque pas de stupéfier Tintin...
S’il n’a pas de modèle «authentique» connu, Calys est clairement l’héritier d’un personnage de fiction, Pancrace Eusèbe Zéphyrin Brioché, dit «le savant Cosinus». Dans cette bande dessinée réalisée par Christophe dès 1893, ce savant, censé faire le tour du monde, invente les moyens de transport les plus farfelus, mais ceux-ci ne sortent que de très peu des frontières de Paris.
Avec Calys, Hergé incarne le savant qui combine le comique d’une distraction appuyée avec une profonde érudition, permettant de fournir des données scientifiques complexes.


C’est clairement Marcel Dassault, fondateur des entreprises du même nom. Pierre Assouline raconte que «Carreidas est une caricature du génial constructeur des Mirage et des Mystère. Il lui a beaucoup emprunté : sa silhouette, son chapeau, son cache-col, son côté frileux... ».
Hergé a sans aucun doute pensé à Dassault. Mais pas uniquement. Ainsi, ce qu’on sait de l’avionneur ne signale pas de pingrerie particulière. Cette pingrerie, Hergé l’emprunta plutôt à Jean Paul Getty, un célèbre magnat du pétrole. Alors que sa fortune approchait les 4 milliards de dollars, il avait équipé sa propriété de Los Angeles de téléphones à pièces, dont ses invités étaient priés de se servir.
De même, en soulignant la phobie des microbes de Laszlo Carreidas qui l’empêche de serrer les mains (vraie phobie ou vrai manque de respect pour ses interlocuteurs ?), Hergé pensait-il sans doute davantage à Howard Hughes, dont la phobie de la contamination était telle qu’il a passé les dix dernières années de sa vie reclus et nu, dans des chambres d’hôtel, avec interdiction à quiconque d’y entrer, n’acceptant que la présence d’infirmiers...
Avec son chapeau et son paletot froissé, son écharpe misérable et ses lunettes qui lui tombent sur le nez,? Laszlo Carreidas n’a rien de l’image classique du milliardaire.Mais Carreidas va surtout dévoiler l’ampleur de sa face obscure sous l’influence du sérum de vérité. Son nom renvoie au "carré d'as" qui d'ailleurs figure sur la queue de son avion supersonique.




Chicklet, qui doit son nom à une marque de gomme à mâcher, fait une nouvelle apparition silencieuse dans L’Affaire Tournesol (page 47, D2). Son look est soigné et il porte toujours un porte document.

La scène du feu de camp représentant Tintin, Milou et Coco assis, le soir, autour de la flambée se démarque des stéréotypes et des préjugés de l’Afrique et du Noir de l’époque où Hergé a dessiné cet album et surtout quand il l’a mis en couleurs. Le point de vue de la scène est, de façon très cohérente, au ras du sol et les personnages, à l’avant plan, vus de profil, se détachent en silhouette, éclairés à contre-jour par le brasier situé juste derrière eux. Avec l’obscurité, la couleur des peaux a disparue (comme si par magie Coco était l’égal de Tintin). Dans ces conditions, la physionomie de Coco est facile à percevoir et à décrire. S’il a bien le cheveu crépu, Coco n’est, par contre, pas prognathe, n’a pas le front fuyant, n’a pas de grosses lèvres et pas de nez épaté. Difficile donc d’affirmer, ici, qu’il s’agit d’un stéréotype raciste. La physionomie du jeune compagnon de Tintin est, par ailleurs, formidablement proche de celle d’un Noir représenté sur une mosaïque en Noir et Blanc de la casa del Menandro, à Pompéi. Même s’il s’agit ici d’un adulte, la ressemblance est plus que frappante (Voir le Mag Tintinos n° 5, page 13).


Il apparaît en trafiquant d’armes dans Coke Stock, sous le nom de Dubreuil, travaillant pour le compte de Rastapopoulos. Homme sans scrupule, il n’hésite pas à utiliser la méthode forte pour tenter d’éliminer Tintin, cet empêcheur de tourner en rond ! (Placer une bombe par l’intermédiaire de Walter, dans l'avion Wadesdah-Beyrouth qui emmènent Tintin et le capitaine Haddock).
