Certaines fonctionnalités de ce site nécessitent des cookies. Plus d'informations.
Autoriser les cookies



C’est l’abonné au téléphone le plus célèbre des Aventures de Tintin. Mais il reste imperturbable sous la pluie des faux appels.
Un « running gag ». La boucherie Sanzot, c’est typiquement un de ces gags qui courent sur plusieurs pages, parfois sur plusieurs albums des Aventures de Tintin et qui font le délice d’Hergé.
Que sait- on alors de la boucherie Sanzot et de son propriétaire ? Peu de choses, sinon que le boucher (ou un de ses commis) livre ses commandes dans un «Combi Volkswagen» et qu’il est particulièrement serviable.
Et si l’on découvre enfin son visage, sa calvitie et sa petite moustache, la vision de son étal, qui affiche banalement quelques saucissons et pièces de viande, nous laisse sur notre faim quant à la psychologie du personnage.
De la même façon, l’égyptologue Philémon Siclone n’est pas toujours aussi net qu’on voudrait le croire. Il est très distrait et confond les manches à air avec les commandants de bord, il porte un prénom excentrique, quant au « cyclone », il fait sans doute référence au désordre que sa distraction provoque.
Bon ou méchant ? La porte reste ouverte
Quand le personnage de Bobby Smiles (en français, « Robert Sourit ») apparaît dans Tintin en Amérique, c’est comme chef du G.S.C., le syndicat des gangsters de Chicago, une association qu’il affirme être concurrente de celle du terrible Al Capone.
Bobby Smiles, chef d’une bande rivale de Capone, pourrait donc avoir comme modèle un certain George Moran, chef du gang des quartiers nord, et cible du massacre connu sous le nom : Massacre de la Saint-Valentin.
Dès le début de sa carrière, Bobby Smiles passe pour un individu louche et dangereux. Il compte parmi ses sbires un faux shérif, prompt à lui livrer Tintin sur un plateau. Sur la porte de son bureau, une pancarte de la police dissimule sa véritable activité: celle d’un membre éminent du G.S.C., le Syndicat des gangsters de Chicago !
Parmi les sources d’inspiration pour le personnage de Bobby Smiles, on cite George Moran mais aussi Spike O’Donnell, dont la ressemblance avec le gangster d’Hergé est saisissante.

Pour un héros aussi exceptionnel que Tintin, il faut des malfaisants à la hauteur ! Et c’est clairement dans la catégorie des sombres génies que joue le colonel Sponsz, chef de la police secrète de Bordurie (L’Affaire Tournesol).
Sponsz, c’est un Tintin passé du côté du Mal... Mais les deux hommes ne se sont jamais perdus de vue. Et, dans L’Affaire Tournesol, en 1956, Hergé, ainsi qu’il le confie à Numa Sadoul, utilise le port de tête et la tonsure de son frère pour camper le détestable Sponsz.
Hergé confiait aussi que le personnage, « manifestement allemand », était inspiré d’Erich von Stroheim. L’acteur et réalisateur était en fait d’origine austro- hongroise, mais c’est évidemment dans le rôle du commandant à la minerve dans La Grande Illusion, réalisé par Jean Renoir en 1937, qu’il marque davantage l’inconscient collectif.
Toujours tiré à quatre épingles, la tonsure parfaite, le colonel Sponsz se pique de culture classique et fréquente l’opéra ! On le retrouve dans Tintin et les Picaros où il est devenu le conseiller technique de Tapioca.

